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  • Xavier

Le Cannonball c'est pour les frileux...

...Enfin presque.


Début 2016, deux jeunes gars bien propres sur eux me contactent pour me parler d"un rallye qu'ils organisent : le Pink Panther Tour (PPT). Ces deux jeunes ont un peu d'expérience puisqu'ils organisent le rallye "La Nocturne" depuis 2011 et aussi ce PPT depuis deux ans.


Alors c'est quoi ce Pink Panther Tour ? Comme je le demande, ils me répondent : un rallye fou, type Cannonball mais le parcours se calque sur les pas du célèbre gang de voleurs : les Pink Panthers. Le rapprochement est donc facile entre le nom du rallye et pourquoi ce gang fut surnommé les Pink Panthers, référence éponyme au génial film (le nom du diamant) avec le savoureux Peter Sellers.

Le programme m'est dévoilé, du 5 au 10 mai 2016, départ de Paris puis direction l'Est pour plus de 3500 km de routes traversant 8 pays. Une seule réponse possible à cocher : OUI.



A l'époque j'ai un magnifique Porsche Spyder 981 noir. Une voiture terrible, probablement la meilleure des Porsche modernes. Pour que la fête soit parfaite, il faut des copains. Quelques coups de téléphones plus tard, nous voici 3 équipages : Marc avec sa Porsche 997 C4S, Philippe et Marie sa fille avec une Porsche 997 GT3 et moi avec mon Spyder. De la belle cavalerie endurante pour avaler le bitume et admirer les paysages. L'Ecurie Clouzeau est constituée, vous aurez tous compris le trait d'humour.


A l'approche du départ, les deux compères organisateurs s'assurent que tous les participants sont prêts. Un kit décoration est reçu par chaque équipage afin de décorer la voiture. Pourquoi faire discret ? Cela est parfaitement pensé et met déjà chaque "driver" dans un état d'esprit rebel.


Jour J.,

Nous voici à 7h00 du matin, le 5 mai 2016, en plein centre de Paris, avec la Tour Eiffel qui nous souhaite bonne chance. Une autre originalité de ce rallye est qu'aucun participant ne connait le road book à l'avance; chaque étape nous est dévoilée juste avant le départ. Là, nous découvrons que nous avons rendez-vous à Prague avec un passage obligatoire par l'Allemagne. Autrement dit, première journée de 1200km, mais avec les "autobahns" allemandes le temps est réduit.


L'Ecurie Clouzeau fait son petit bonhomme de chemin et arrive à Prague en début d'après midi, après 3 ravitaillements.

L'hôtel qui nous tend les bras est superbe et en plein centre de Prague. Le plaisir continue avec un bon cigare, le restaurant gastronomique et la ballade dans la ville à la nuit tombée.


Jour 2, direction Budapest, Hongrie

Un énorme embouteillage nous y attend, nous y passons deux heures pratiquement à l'arrêt. Cela laisse le temps d'admirer en détails le tramway qui passe environ 250 fois devant nous.

Philippe, avec la GT3 rencontre un problème de pneumatiques et ne peut continuer sans une monte neuve. Je peux vous dire que trouver des pneus neufs pour une Porsche GT3 un vendredi en fin d'après-midi, dans un pays dont vous ne parlez pas la langue est une tâche ardue. Nous tentons notre chance au centre Porsche Budapest, quelques minutes avant sa fermeture, et là nous tombons sur le chef d'atelier qui est clairement tombé amoureux (de la GT3 ou de Philippe, on ne saura jamais) et garde le centre ouvert pour nous, passe des dizaines de coups de fil et nous trouve des pneus.

Nous allons chercher les pneus, les ramenons au centre mais impossible de les monter, car pas de douille pour l'écrou central. A coeur vaillant rien d'impossible, le Seigneur est avec nous, les pneus aussi : le chef d'atelier nous demande de laisser la voiture et de repasser demain matin première heure. On est chez Porsche, la GT3 passe la nuit en sécurité au milieu des ses copines hongroises, pas nous.

Je vous l'ai dit, nous avons vu la lumière Divine, et la GT3 nous attend avec les pneus neufs comme convenu le samedi matin. En route.


Jour 3, direction Belgrade, Serbie,

Le trajet nous enchante avec ses lignes droites interminables d'autoroutes totalement vides; mais avec des contrôles radars très musclés. Dans ce rallye, il y a d'autres supercars et lorsqu'une belle ligne droite de plusieurs dizaines de kilomètres se présente, eh bien...bref. Nous rencontrons notre premier contrôle policier. Il est évident que l'autorité n'a pas la même place ici que dans notre beau pays : autoroute fermée et déviée vers une aire de repos, 3 cars de militaires armés jusqu'au dents que l'on ne voit pas (leurs dents) parce qu'ils ne sourient pas du tout.



Le Spyder était en tête en train de jouer nonchalamment avec un autre participant juste avant le "cop check", et vraisemblablement cela n'a choqué personne, pourtant la belle GT3 que nous distancions s'est fait remarquée des forces en présence, l'aileron sans doute.

No comment sur la suite, mais sachez que nous nous sommes tous demandés de combien serait l'amende pour 300km/h, 27€ ? 32€ ?

Cette question nous tarabuste toujours, et nous avons bien eu le temps d'y penser jusqu'à notre arrivée en centre ville, où une nuée de photographes et de journalistes nous attend devant le Metropol Palace où nous séjournons pour la nuit. Cet établissement possède un parking blindé avec ascenseur pour y installer les véhicules.



Jour 4 direction Ulcinj, Montenegro

Ceci reste pour moi la partie la plus folle avec ses 420km de routes de montagnes au revêtement glissant. Les automobilistes se jettent sur le bas-côté pour vous laisser passer et sont hystériques en levant tous les pouces possibles, des paysages à couper le souffle, des policiers avec mitrailleuse vous hurlant dessus dans une langue qui n'est pas la vôtre mais avec un immense sourire disent : GAZ GAZ GAZ lorsqu'ils vous libèrent; un arrêt à une station essence qui me réconcilie quelques minutes avec la nature humaine: nous sommes pris en otage par une trentaine de voitures nous encerclant en klaxonnant et en hurlant : pas de panique c'est un mariage.


Enfin cet instant de complicité extrême avec un motard en Kawasaki "supersporthyperpréparéedelamort" que je ne peux relater ici.



Jour 5, petite ballade dans les hauteurs du Montenegro, juste tous les 3. Les points de vue sont magnifiques et les petits restaurants charmants, tout comme les habitants.


Jour 6 et Dernier Jour du rallye : Zadar, Croatie.

L'adrénaline redescend, la fatigue arrive, et déjà les souvenirs affluent. Le parcours est plus simple et nous savourons à allure modérée les paysages, nous nous arrêtons souvent. Le déjeuner est au bord de l'eau (avec des prix qui ont triplé d'un coup). Nous nettoyons les autos.



Pour le retour, nous faisons étapes à Annecy après avoir transformé les autoroutes italiennes en discothèques et rendu sourd les automobilistes présents dans le tunnel du Mont-Blanc.


La dernière tranche Annecy -> Paris n' aucun intérêt à part les souvenirs, le sourire figé, le pare-brise fendu du Spyder, la pluie, les fous rires, les bonnes bouffes, les copains.


Je ne peux pas tout relater ici, les policiers, les passages aux frontières, les journalistes, le circuit privatisé, la télévision, les donuts, l'essai de la Ferrari 458 etc.


Merci Marc, merci Philippe, merci Marie.



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